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L’Entente Lorraine a été reçue le 26 janvier 2006 à la Direction Régionale de l’Equipement

Réaliser l’A32 ne devient possible qu’en neutralisant l’A31
 
Plus que jamais le sort des deux autoroutes A31 gratuite et A 32 en projet à péage est lié. Réaliser l’A32 ne devient possible qu’en neutralisant l’A31, alors qu’initialement l’ A 32 était voulue en complément pour fluidifier l’autoroute A31. Seront ainsi pénalisés entre autres tous ceux qui prennent la route pour se rendre à leur travail, que ce soit en mettant plus longtemps par l’A 31 ou en ayant à payer sur l’A32.

Les associations de l’Entente Lorraine réunies hier soir pendant plus de deux heures à la Direction Régionale de l’Equipement ont appris qu’avec ou sans A32, l’A31 ne sera plus jamais fluide. L’A 31 concentre en effet tous les trafics locaux liés à la vie des villes qu’elle traverse et ces trafics ne seront pas captés par la nouvelle autoroute qui s‘en éloigne.

Au mois de novembre 2005, le Ministère des transports, en réponse à la Députée Mme Zimmermann, a indiqué que « pour la section centrale de ce projet, comprise entre Dieulouard et Retonfey, le trafic attendu est de l’ordre de 10 000 véhicules par jour ». Ce chiffre est bien en deçà du seuil de rentabilité admis communément pour une autoroute à péage. A titre de comparaison, c’est le niveau de trafic de la départementale CD1 entre Malroy et Bertrange.

Le projet A32 ne peut maintenant voir le jour que si parallèlement on neutralise l’A31. Si l’ hypothèse de détruire les échangeurs de l’A31 pour les remplacer par des giratoires, émise par le précédent Directeur Régional de l’Equipement face à des élus le 2I mars 2005 avait pu passer pour une provocation, l’Entente Lorraine n’a maintenant plus aucun doute. Hier soir l’A31 a été décrite pour le futur comme un périphérique linéaire à caractère urbain avec rétrécissements de chaussées, limitations de vitesse à 80 voire 60 km/heure. Les usagers désireux d’un temps de trajet garanti n’auraient qu’à emprunter l’A32.

Dans ces conditions, on comprend pourquoi la DRE peut affirmer que les études du projet A 32 concluent à une rentabilité de la nouvelle autoroute dès 2015. Ce sera grâce à l’obole quotidienne des usagers actuels de l’A31 qui n’auront plus d’autre autoroute Nord Sud en Lorraine.

La DRE a indiqué que le matin même, le comité de suivi des études A32 réunissant la Préfecture, le président du Conseil Régional, les présidents des quatre conseils généraux, les maires de Nancy, Metz, Epinal et Thionville, ainsi que le président du Conseil Economique et Social avaient été informés de l’avancement des études A 32. L’Entente Lorraine n’a reçu aucun document et ne sait si les thèmes abordés en comité de suivi ont été précisément les mêmes qu’au cours de son rendez-vous en soirée. Les associations en appellent maintenant solennellement à la responsabilité de ces grands élus : ceux qui poursuivent dans leur soutien à l’A32 cautionnent la destruction de l’A31.

L’autoroute A31 a actuellement avec le contrôle de la vitesse, approuvé par les associations de l’Entente Lorraine, un trafic apaisé deux fois plus sûr que la moyenne des autoroutes gratuites de France. La vitesse moindre et plus constante économise l’énergie, limite les émissions de polluants et de bruit pour les riverains de l’A31. Elle permet même d’écouler un trafic plus important : en situation chargée une vitesse limitée à 90 km/ heure écoule 1800 véhicules par heure alors que ce chiffre n’est que de 1200 pour une vitesse de 120 km/ heure. La thrombose de l’A31 annoncée pour 2025 (quid du pétrole et du réchauffement climatique à cette époque ?) par la DRE sera en fait provoquée volontairement bien plus tôt pour justifier l’A32.

L’entretien bien qu’ayant duré 2 heures n’a pas permis de rapprochement de positions. L’impression prévaut qu’il s’agit aujourd’hui dans notre Région de faire avancer coûte que coûte et le plus vite possible le projet d’A32 pour le faire ainsi parvenir à un point de non retour et ne pas pouvoir retrouver la situation de juillet 2001 quand un Comité Interministériel l’avait formellement écarté. Cette attitude tranche avec l’écoute rencontrée le 18 janvier par l’Entente Lorraine au Ministère de l’Intérieur. C’est peut-être que ce Ministère est aussi celui de l’Aménagement du Territoire. C’est effectivement en prenant en compte une vue plus large que celui de la rentabilité d’une autoroute et même de l’ensemble des transports qu’on peut arriver à une juste vue de la situation et remettre en question un projet d’autoroute comme celui d’A32. Et que dire des perspectives de renchérissement du pétrole et même de son épuisement à terme, prises en compte aussi à ce Ministère. Il est temps de penser aux restrictions qui seront ainsi opposées à la circulation automobile, de ne plus créer d’autres routes mais de développer systématiquement les autres modes de transport.

Publié le dimanche 5 février 2006.
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