Logo Agirr

Nos arguments contre l’A32

 

Au-delà des atteintes au cadre de vie et à l’environnement global d’une nouvelle autoroute,

au delà aussi des possibilités alternatives non routières en développement,

notre connaissance depuis 10 ans du dossier A 32 et du contexte local des transports nous apporte les arguments suivants :

Historiquement, le projet A 32, d’abord nommé A31bis, est né des difficultés constatées ou redoutées sur A31. D’ailleurs au moment du débat Public A32 de 1999, les objectifs fixés par l’Etat à l’A32 étaient :
- Sécurité sur A31
- Désaturation de l’A31
- Séparation du trafic local du trafic de transit
- Itinéraire de délestage en cas de d’incident sur l’A31

Le projet A32 ne répond maintenant à aucun de ces objectifs.

- sécurité : supérieure sur l’A31 à la moyenne nationale ; en 2004, quand il y a dix accidents sur une autoroute gratuite en France, il n’y en a que 5 sur l’ A31 ;

- désaturation : le trafic sur A 31 est local à plus de 80% lié au bassin de vie, emploi, études, courses et ce trafic restera sur l’A31 ; une étude de la DDE de Moselle de 2005 reconnaît même à propos d’A 31 que « l’autoroute fluide est illusoire » ; pour emprunter l’A32 qui n’aurait pas d’accès direct, il faudrait d’abord rouler sur une autre autoroute existante A 31, A4 ou A30 ; vous pouvez d’ailleurs constater que dans la dernière communication de la Préfecture et de la Direction Régionale de l’Equipement du 26 janvier 2006 (lien que je te communiques message suivant) on justifie la création de l’ A32 par des situations de saturation sur l’A31 en 2025, mais la carte de simulation comportant l’A32 en 2025, ne donne pas parallèlement la situation sur A31 ;
- séparation trafic local et transit : si l’A32 est si proche du sillon mosellan c’est justement pour capter la plus grande part possible de trafic local dans une logique de rentabilité ; la nouvelle autoroute comportera de ce point de vue le même mélange de trafics ;
- itinéraire de délestage : la période de travaux sur l’A31 à Metz et Richemont d’avril à septembre 2005 s’est étonnamment bien passée, les itinéraires de délestage existent et peuvent être activés.

L’autoroute A32 ne répond pas aux missions qu’on attendait d’elle, elle est même totalement inopérante dans sa partie centrale et la plus longue entre Dieulouard et Retonfey (question écrite n° 69087, rechercher sur le numéro) qui n’accueillerait que 10 000 véhicules par jour alors que la majeure partie du trafic resterait sur l’ A31 gratuite avec environ 70 000 véhicules par jour. Or l’autoroute A31 peut facilement être portée à 2X3 voies entre Dieulouard et Fey sans élargissement puisque la place a été prévue pour cela terre-plein central. Cela augmenterait la capacité de l’ A31 de 35 000 véhicules/jour donc bien plus que le délestage de 10 000 véhicules par jour attendu sur l’A 32 parallèle et payante. Le propos de l’association AGIRR n’est pas habituellement en faveur de l’augmentation des capacités routières, c’est déjà une tendance naturelle des multiples décideurs que de régler les problèmes de déplacements par de nouvelles routes. Cependant le passage de 4 à 6 voies de l’A31 entre Dieulouard et Fey va dans le sens de l’utilisation de l’existant. L’expérience des travaux de Richemont montre que cela est possible.

Il est choquant que cette solution de bon sens d’aménagement de l’A31 soit réfutée (dossier presse du 26-1-06) en prétendant que cela n’apporterait qu’une solution passagère pendant 10 ans.

Ces incohérences trouvent leur explication dans l’intention maintenant manifeste de neutraliser l’A31 une fois que l’ A32 serait réalisée, seule façon de pousser les gens à utiliser l’A32 et à la rentabiliser. Il se prépare une imposture intellectuelle sinon financière au détriment des utilisateurs et des riverains de l’ A31. Ce n’est plus une nouvelle autoroute A 32 pour soulager l’A31 existante qu’on prévoit mais une autoroute à la place de l’autre.

- le rapport Lepingle de 2003 reconnaissait déjà qu’on ne pouvait prévoir de quelle manière le trafic se reporterait de l’A31 vers l’A32
- depuis le printemps 2005, il est de plus en plus clairement affiché par l’Etat que la construction de l’autoroute A32 à péage sera suivie de la banalisation de l’A31 qui serait transformée en voie de liaison urbaine par différents dispositifs (rétrécissements de chaussée, limitations de vitesse à 80 voire 60 km/h) qui nous ont été énoncés par la Direction Régionale de l’Equipement le 26 janvier 2006. Ainsi les lorrains qui disposent actuellement de l’ A31 gratuite pour se déplacer au plus près de leur bassin de vie et d’emploi devraient, pour trouver un service autoroutier, faire de longs détours et s’acquitter d’un péage. Les zones commerciales situées le long de l’A31 perdraient également leur attractivité si leur accès était contraint par une circulation rendue volontairement plus difficile pour inciter les usagers à utiliser l’A32.

L’association AGIRR FNAUT Lorraine interpelle les décideurs locaux qui maintiennent leur soutien à la construction de l’A32 malgré l’évolution négative des études et les choix de banaliser l’ A31 qui se profile. Leur responsabilité serait grande et lourde de conséquences pour une population de plus en plus nombreuse. En fait les usagers, les riverains de l’A31, les clients et propriétaires des grandes surfaces proches de l’A31 et les opposants au projet A32 se retrouvent dans le même camp.

Publié le lundi 13 mars 2006.
Signatures: 0
Répondre à cet article

Forum

Date Nom Message