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Parcs à vélos dans les gares alsaciennes

 
Eric Guihard a rencontré M. Philippe Laffitte, responsable de ligne SNCF du Centre Alsace. Ils ont visité ensemble 6 gares, sur les 11 gares dans ce secteur équipées de parcs à vélos au moment de la visite. Ces parcs, qui permettent de combiner le transport en train et en vélo, ont incontestablement un grand succès, certains ont dû être agrandis. Voici son compte-rendu.

Tout d’abord, il est nécessaire d’évoquer le contexte spécifiquement alsacien. Cette région fait preuve d’une conscience écologique suivi d’effets concrets, aussi bien dans la population qu’au niveau des pouvoirs publics. A titre d’exemple, entre Molsheim et Schirmeck, les élus s’opposent à la mise en 2 x 2 voies de la voie rapide, ceci pour éviter de trop favoriser l’auto au détriment des transports collectifs et du vélo, lui-même largement facilité.

En 2004, le TER Alsace a progressé de 5% en nombre de voyages et de 9% en recette. Il est vrai que l’offre est importante, comme le TER 200 qui relie Strasbourg, Sélestat, Colmar, Mulhouse et Bâle à 200 km/h ! Cette évolution est aussi favorisée par un fructueux esprit de concertation qui permet ainsi de coordonner, par efforts réciproques, des horaires de trains, de cars et d’établissements scolaires, voire de particuliers, de déplacer un arrêt peu fréquenté vers un lycée fortement demandeur, d’installer une école de musique dans une gare, de densifier l’habitat près des gares... Cette coordination est une des fonctions de M. Laffitte, mon interlocuteur pendant une journée, responsable d’une équipe de 5 personnes qui s’occupe des lignes Strasbourg-Saales, Strasbourg-Colmar, Molsheim-Sélestat, Colmar-Metzeral, ensemble où 11 gares sont équipées de garages à vélos sécurisés (370 places en tout). J’en ai vu 6 (Molsheim, Urmatt, Gresswiller, Obernai, Erstein, Munster) et le site de Sélestat en voie de sécurisation.

Dans ces parcs à vélos, le stationnement, réservé aux usagers SNCF, est gratuit. On ne demande qu’une caution de 15 Euros pour le badge, codé spécifiquement pour le garage d’affectation, ce qui limite délibérément les ayant-droits d’un site donné. En contrepartie, la SNCF décline toute responsabilité en cas de perte et de vol, ce qui est clairement affiché. Il n’y a pas, comme à Lunéville, de contrat écrit.

Les abonnés sont essentiellement des scolaires et, compte-tenu des différences de périodes de stationnement, on peut attribuer plus de badges que de places (1,5 à 2 fois ?). Hormis un cas bien spécifique, le succès est net et il est souvent nécessaire d’agrandir ou de créer un nouveau parc, ce qui est fait suffisament tôt pour ne pas avoir à refuser des abonnés.

La SNCF est favorable à ces installations, notamment pour qu’il y ait moins de vélos dans les trains mais c’est aux communes de prendre l’initiative à condition de financer 25 % des coûts contre 25 % à la SNCF et 50 % à la région. Il est clair, là comme ailleurs, que tout commence par une volonté politique.

Nous remercions chaleureusement M Laffitte pour sa collaboration.

Publié le lundi 24 avril 2006.
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