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Questionnaire pour les législatives : la position d’Agirr

 
A l’occasion des prochaines élections législatives, votre association AGIRR-FNAUT Lorraine a interrogé les candidats sur leur position concernant les transports et l’environnement, en particulier en Lorraine. Voici notre position.
Pensez-vous que des mécanismes nouveaux de financement soient nécessaires pour accélérer le développement des transports collectifs urbains, périurbains et régionaux (investissement et exploitation) ?

Ils sont absolument nécessaires vu le retard pris par les investissements et par la simple maintenance dans les transports en commun, en particulier le rail. Le produit de péages, à développer ou à instaurer pour l’utilisation de la route, doit leur être affecté.

Que proposez-vous pour favoriser la coopération des autorités organisatrices de transport ?

La loi prévoit la constitution de syndicats entre les différentes autorités organisatrices de transport. Il y en a en fait très peu de constitués. Les rivalités et les défenses de prérogatives, qui y font obstacle, doivent être abandonnées dans ce domaine. Si ces difficultés persistent, le Préfet devrait avoir la possibilité de transférer toute la coordination à la seule Région.

Faut-il lutter contre l’étalement anarchique urbain (mitage) ?

L’étalement anarchique urbain que l’on constate aujourd’hui amène beaucoup de maux : dépenses de construction de longs réseaux coûteux, transports importants avec leur corollaire de pollution, d’émission de gaz à effet de serre et bruit, etc. Un habitat alternatif attractif est à réaliser, donnant à chacun un espace optimum, et où les transports en commun sont mis en place à l’avance. C’est ce que nous préconisons en particulier avec la réactivation de la ligne de chemin de fer Fontoy - Audun-le-Tiche. De nouveaux lotissements devraient être interdits tant qu’un transport en commun adéquat ne serait pas assuré.

Le développement du réseau TGV et la remise en état et la modernisation du réseau classique (8 à 10 000 km de lignes sont menacées à moyen terme) demandent des financements très importants.

Il est naturellement impossible de faire tout tout de suite. Mais les deux types d’investissement doivent être menés de front, avec des ressources nouvelles du type évoqué précédemment.

Les trains « Corail Intercités », appelés autrefois « Grandes Lignes », disparaissent peu à peu avec l’extension des TGV.

Ces trains assurent une liaison indispensable entre les régions ou à l’échelle nationale, avec un rôle d’aménagement du territoire. Suivant justement ces différences de fonction, la charge doit en être assurée par la coopération de plusieurs régions entre elles ou par l’Etat. La SNCF de son côté doit faire des efforts pour en réduire le coût et en accroître l’efficacité en particulier en les adaptant mieux aux besoins des voyageurs.

Que proposez-vous pour développer le fret ferroviaire ?

L’organisation de la SNCF est orientée plus en fonction de son organisation propre que des besoins de ses clients. On peut espérer que l’irruption actuelle de compagnies privées dans ce domaine va amener un changement de perspectives.

Le déclassement d’emprises ferroviaires inutilisées doit-il être soumis à enquête publique ?

Ce déclassement peut avoir des conséquences graves. Or, la seule façon pour le public de faire connaître son point de vue, en particulier par l’intermédiare de ses associations, est par des enquêtes publiques.

Comment développer le trafic de fret par voie fluviale,

C’est une question de cas par cas. Le creusement de nouveaux canaux est très coûteux et amènera une consommation d’eau importante à un moment où cette ressource devient rare. Il faut donc soigneusement en calculer les bénéfices et voir dans quelle mesure un autre moyen de transport (le rail) ne joue pas déjà un rôle pour la liaison visée. L’amélioration du réseau existant, comme ce qui est prévu pour rehausser les ponts sur la Moselle pour permettre le passage de porte-conteneurs, a certainement un bénéfice important.

Etes-vous favorable à la réduction des vitesses de 130 à 120 km/h sur autoroute et de 110 à 100 sur voie express ?

La réduction des vitesses sur les routes n’a que des résultats bénéfiques : réduction des accidents, diminution du bruit et de la pollution, accroissement du trafic possible. En regard, l’allongement du temps de parcours apparaît peu significatif.

Chacun s’accorde sur la nécessité de favoriser les modes de transport économes en énergie afin de réduire la dépendance pétrolière et diminuer la pollution et le risque climatique. Pensez-vous que cela entraîne l’arrêt de la construction de nouvelles autoroutes et de nouveaux aéroports ?

Tant que de nouvelles routes et aéroports seront construits, on n’arrivera pas à endiguer la croissance de ces moyens de transport fortement polluants et émetteurs de CO2. Une nouvelle route engendre un nouveau trafic.

Etes-vous favorable à l’instauration d’une vignette automobile dont le montant sera indexé sur les émissions de CO2 des véhicules, recommandée par le rapport Syrota sur « l’énergie à l’horizon 2050 » (Conseil d’Analyse Stratégique), à l’instauration de péages urbains, à l’instauration d’une redevance payée par les camions pour compenser les frais et nuisances que leur circulation entraîne sur routes et autoroutes, semblable à ce qui a été instauré par la Suisse, l’Allemagne et l’Autriche et dont les règles viennent d’être précisées par une directive de l’Union Européenne, à l’instauration d’une redevance sur les transports a"riens pour compenser leurs frais et nuisances ?

Toutes ces redevances visent à ce que les coûts engendrés par les transports visés soient payés ; elles sont nécessaires pour instaurer une égalité de fonctionnement avec les moyens de transport peu polluant et pour pouvoir financer ces derniers. Mais préalablement, des transports en commun doivent être instaurés pour que la mobilité nécessaire ne soit pas handicapée et que les plus défavorisés ne soient pas pénalisés.

Comment garantir un service en cas de grèves

L’imposition d’un service minimum par l’Etat risquerait d’être peu performant car ne bénéficierait pas de la coopération des agents des transports. Un accord devrait être obtenu au niveau des entreprises, qui ne fasse pas obstacle au droit de grêve.

Que proposez-vous pour favoriser le développement des associations et leur poids dans les décisions concernant leur domaine d’action ?

Que l’avis des associations soit systématiquement recherché sur toutes les questions importantes et que l’on en fasse réellement état. Des moyens, y compris financiers, doivent leur être fournis pour qu’elles puissent recueillir les informations nécessaires dans ce rôle, y compris par des études originales.

Publié le dimanche 3 juin 2007.
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