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Ouverture du débat

 

L’Etat vient de lancer un débat public en réactivant le projet d’aménagement d’autoroute traversant la Lorraine selon l’axe Nord - Sud. Ce débat a lieu ce printemps et AGIRR compte bien y participer.

Les grandes lignes du projet :

- la création d’une nouvelle liaison à 2x2 voies entre Gye (péage de l’A31 au sud de Toul) et Dieulouard, en section à péage ;
- l’aménagement à 2x3 voies de la portion d’A31 entre Nancy et Metz ainsi que l’A4 entre le contournement Sud de Metz et Hauconcourt ;
- la traversée de Florange par un tronçon en 2x2 voies pour relier l’A30 à l’A31 au Nord de Thionville ;
- l’aménagement en 2x3 voies entre Thionville et la frontière luxembourgeoise.

La position d’AGIRR

Nous rappelons que l’association s’est créée lorsque le projet d’A32 avait été lancé, avant que celui-ci soit abandonné. Nous avions fait valoir alors l’inadaptation du projet aux contraintes environnementales et économiques. En particulier le projet ne permettait pas de résoudre les questions de congestion sur l’actuelle A31.

Nous considérons que la place accordée à l’automobile en Lorraine doit être contenue pour des questions environnementales : pollution des eaux et des sols, atmosphérique, en particulier aux particules fines, reconnues cancérigènes ; utilisation d’espaces naturels et agricoles, hypothéquant nos ressources agricoles et la biodiversité ; préservation des ressources énergétiques ; préservation de nos paysages. Elle doit l’être également pour des questions économiques : les dépenses d’investissement et d’entretien sont autant de ressources non disponibles pour des actions bien plus efficaces. Le financement des nouvelles infrastructures n’est pas assuré et ne pourra l’être que par le passage de sections actuellement gratuites vers des sections à péage, en particulier entre Metz et Nancy, ainsi qu’au Nord de Thionville.

Ce projet d’A31bis donne acte en partie à la pertinence de nos arguments, puisque la création d’un nouveau tronçon par l’Est de Metz est abandonnée. Cependant, la viabilité du nouveau projet nous semble tout autant hypothétique.

Toul-Dieulouard

L’insertion d’un nouveau tronçon dans l’environnement urbanisé autour de Toul est particulèrement délicate, comme l’option de passage dans Chaudeney qui se trouverait encerclé entre la N4/A31 au Nord, la Moselle à l’Ouest et le nouveau tronçon au Sud et à l’Est. Par ailleurs la section à péage serait en concurrence directe avec le tracé actuel qui pourrait continuer à être largement préféré. Le document soumis souligne la richesse naturelle affectée sur le plateau entre Toul et Dieulouard.

Sud de Metz

Le passage à une section à péage risque de reporter une part du trafic vers des itinéraires de substitution non prévus pour l’absorber et de causer des dommages supplémentaires, notamment en termes de sécurité routière. Nous demandons au porteur du projet d’évaluer ce report dans le cas de la mise en place d’une section à péage.

Traversée de FLorange

Le passage d’une 2x2 voies en pleine zone urbanisée à quelques mètres des habitations nous parait irresponsable. La ville serait coupée en deux par cette nouvelle voie, malgré d’hypothétiques aménagements nécessairement limités.

Aménagement au Nord de Thionville

Même si c’est sur cette portion que le trafic est susceptible d’augmenter, le passage à 2x3 voies n’améliorera pas la circulation à destination de Luxembourg. En effet, le réseau luxembourgeois n’est pas en mesure d’absorber du trafic supplémentaire, le passage de la frontière se traduisant par une réduction à 2x2 voies. Même si l’idée d’une voie réservée aux transports en commun et au covoiturage semble intéressante, celle-ci est simplement présentée comme une hypothèse dans le projet actuel. Et nous sommes méfiants vis-à-vis des annonces qui permettent de faire passer un projet et changent de destination en cours de route.

Il nous semble beaucoup plus opportun d’investir vers la desserte ferroviaire, avec par exemple une liaison directe vers Esch-Belval en passant par Fontoy ou par le renforcement de la desserte vers Luxembourg.

Le financement

C’est manifestement là le plus gros souci. Le coût global est estimé entre 1,1 et 1,4 milliard d’euros.

Or, la fréquentation attendue sur les nouveaux tronçons à péage est tellement basse que le péage ne suffirait pas à lui-seul à financer l’ensemble des travaux. Et ce même en rendant payants les tronçons actuels Nancy - Metz et Thionville - Luxembourg.

Il est évoqué une subvention publique (entendre aux frais du contribuable) allant jusqu’à 60 millions d’euros par an, soit plus du tiers du budget TER Lorraine.

Alors que quand il s’agit de développer les alternatives à la route l’on se heurte systématiquement à la question du coût, on est prêt à débourser des sommes astronomiques pour équilibrer une infrastructure contre-productive et destructrice."

Publié le mercredi 15 avril 2015.
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