Logo Agirr

Cadre de vie, environnement

Dernier ajout : mercredi 7 juin 2006.

Articles de cette rubrique

Le Protocole de Kyoto

Le protocole de Kyoto a pour objectif de réduire l’effet de serre qui menace la planète d’un grand réchauffement. Les transports représentent plus d’un quart des émissions des gaz à effet de serre de la France, mais rien ne semble pouvoir empêcher l’augmentation de cette part. La construction d’une nouvelle autoroute nous éloigne des objectifs du protocole que la France a signé.

L'effet de serre

Vous avez certainement déjà entendu parler du protocole. Il s’agit d’un accord international qui vise à limiter l’impact de l’activité humaine sur le climat de la planète, essentiellement par la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il est entré en vigueur en 2005, en impliquant en particulier l’Europe, la Russie et le Japon, mais pas les Etats-Unis. L’Europe devrait réduire de 8% ses émissions par rapport au niveau de 1990, dont -21% pour l’Allemagne, mais simplement un maintien pour la France.

Le Président de la République a proposé le 15 février 2005, date de l’entrée en vigueur du Protocole de Kyoto, de diviser par 4 d’ici 2050 les émissions des gaz à effet de serre. Il a confirmé l’engagement de la France en ce sens, affiché dans le Plan Climat de 2004.

Pourquoi un facteur 4 ? L’objectif fixé par le Protocole de Kyoto est aujourd’hui considéré par la communauté scientifique comme insuffisant pour prévenir un réchauffement paraissant rapide. La division par 4 de l’émission des gaz à effet de serre d’ici 2050, dite aussi d’un facteur 4, est aujourd’hui considérée comme le minimum qui puisse être fait pour prévenir des dégradations irrémédiables du climat mondial.

En France, le Protocole est concrétisé avec le plan Climat qui aborde les volets suivants :
- sensibilisation auprès du public
- transports
- bâtiment et habitat
- industrie, énergie et déchets
- agriculture
- climatisation
- action des collectivités
- recherche.

Nous nous intéressons exclusivement au volet "transports".

La situation

Les transports représentent 27% des émissions des gaz à effet de serre en France, en 2002, mais aussi un tiers des émissions de gaz carbonique. Le volume des émissions dues au transport a aussi évolué avec une augmentation de 23% entre 1990 et 2002. Il est imputable à 92% au transport par route, dont 58% au véhicules particuliers.

L’évolution

Le plan climat est parfaitement muet sur le sujet. Il constate que la tendance est à l’augmentation, et que "Les mesures contenues dans ce plan permettront de modérer cette tendance à la hausse, mais sans pouvoir l’inverser avant 2010." Le plan Climat prévoit un effet des actions engagées vers une réduction des émissions de 16,3 MTE CO2 (millions de tonnes équivalentes de CO2) d’ici 2010. Les gains essentiels seraient réalisés grâce aux biocarburants, la réduction de vitesse des véhicules et l’amélioration des motorisations des véhicules. Tous les chiffres que l’on peut trouver par ailleurs prévoient une augmentation des la consommation pour les transports. "Les transports constituent le secteur présentant la croissance la plus élevée, avec +1,9% par an" pour la période jusqu’à 2020. (http://www.industrie.gouv.fr/energie/prospect/pdf/wirth.pdf).

"Et si les émissions de CO2 dues aux autres sources régressent pour la plupart, conformément à l’engagement pris par l’UE au titre du protocole de Kyoto, celles dues aux transports sont en augmentation. D’ici à 2010, elles seraient approximativement de 40 % plus élevées qu’en 1990, malgré l’objectif global de l’UE de réduire les gaz à effet de serre de 8 % au cours de cette période." (http://europa.eu.int/comm/publications/booklets/move/39/fr.doc)

Les actions

Le plan Climat proposait de chercher à inverser la tendance : "Enfin, les mesures engagées lors du CIADT de décembre 2003, qui prévoient l’affectation des dividendes des sociétés d’autoroutes au financement d’infrastructures majoritairement sobres (TGV Lyon-Turin, autoroutes de la mer), constituent une véritable rupture." On connaît le sort réservé depuis à cette mesure, puisque les autoroutes ont été privatisées, livrant ces projets d’infrastructures aux aléas des alternances politiques.

Il est clair que le projet d’autoroute A32 continue à faire une place toujours plus grande au transport routier et vient en contradiction frontale avec les objectifs du protocole de Kyoto et du facteur 4.

Dominique Dron donne le cap à suivre : "Soulager la dépendance pétrolière exige de créer des réseaux de fret ferrés, fluviaux et de cabotage maritime (contournement des Alpes et des Pyrénées notamment), de remplacer des lignes aériennes intérieures par des trains rapides, et de remplacer le fuel pour le chauffage." (Dominique Dron, ex-présidente de la Mission interministérielle de l’effet de serre et professeur à l’Ecole des mines de Paris, Libération du lundi 25 juillet 2005)

"La politique visant à faciliter les déplacements individuels et celle consistant à favoriser l’habitat dispersé conduisent à la détérioration de l’intensité énergétique." (www.industrie.gouv.fr/energie/developp/econo/textes/se_evol_demande.htm)

C’est pourquoi notre action ne se limite pas à faire échouer le projet d’autoroute A32. Nous proposons également le développement d’autres moyens de transport et de considérer l’urbanisme différemment.

Publié le 22 février 2006
Répondre à cet article

Forum